Les apprentissages professionnels informels

 

LES APPRENTISSAGES PROFESSIONNELS INFORMELS Comment nous apprenons au travail pour se former toute sa vie

Collection : « Questions contemporaines » ISBN : 978-2-296-122581. 86 pages

Un grand nombre d’apprentissages professionnels sont réalisés de façon informelle au cœur des situations de travail. Cet ouvrage, au plus près des réalités professionnelles fréquemment rencontrées, souligne que la prise en compte des apprentissages informels peut se révéler prometteuse et répondre de façon opérationnelle aux enjeux des ressources humaines. En effet, il est possible d’identifier, à partir d’exemples concrets, trois grandes façons différentes d’apprendre au travail. La première est d’ajuster ce que nous apprenons aux impératifs de l’environnement. La seconde est de ruser afin de résoudre les nombreux événements qui émaillent l’activité professionnelle. Et enfin la dernière consiste à s’adapter au contexte afin de s’y intégrer. L’analyse de ces différents apprentissages en situation de travail permet de conclure qu’ils se combinent, plus qu’ils ne s’excluent. Et que les personnes conduisent en situation professionnelle comme en conduite automobile : tout en respectant un code de la route, elles adaptent leur conduite en fonction de la circulation rencontrée.

couvapi

Commentaires de cet ouvrage

Dans cet ouvrage, Olivier Bataille met en lumière les différents mécanismes entrant en jeu dans les apprentissages professionnels informels. Pour ce faire, il met au travail la dialectique des trois modalités repérées et repérables dans ces mécanismes, à savoir : le mimétisme – apprentissage par reproduction ; la métis – apprentissage s’appuyant sur une base mimétique qui laisse la place à l’initiative de l’apprenant ; la mimésis – compréhension des conditions de réalisation des apprentissages. Dans les apprentissages professionnels informels, ces trois modalités sont transversales.

En s’appuyant sur l’exemple des personnels intérimaires et d’une formation à l’accueil, l’auteur fait émerger les difficultés de certains apprenants à sortir du non-dit pour mettre en lumière les savoirs insus développés lors d’une expérience professionnelle. Il pointe combien il peut être parfois difficile de « biographier » ses compétences.

Olivier Bataille interpelle sur les « résistances » des apprenants qui estiment ne plus avoir besoin de formation. Il invite à comprendre que des ruptures avec nos certitudes sont indispensables pour continuer à apprendre et qu’il y va de la notion même d’éducation tout au long de la vie.

Si les apprentissages informels ne sont pas mis en lumière et reconnus par le collectif, ils sont perdus et deviennent obsolètes. La question de la reconnaissance, qu’il s’agisse de la reconnaissance attendue du cercle d’appartenance ou de celle qui dévoile les apprentissages informels acquis, est récurrente tout au long de cet ouvrage. Une question centrale se dessine à la lecture du livre : faut-il formaliser l’informel au risque de voir s’éteindre la métis au profit du simple mimétisme ? Vaste question qu’Olivier Bataille, usant de métaphores et d’analogies concrètes (en particulier avec la conduite automobile), approfondit en analysant les formes et les combinaisons auxquelles recourent les apprentissages informels.

Catherine Lehoux

Laboratoire EXPERICE – Paris 13/Nord

articleouvrageApiEetCrecadré

Extrait d’Entreprise et Carrières octobre 2010 Numéro 1017

Laisser un commentaire